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Risques de cancer : évitez les plats industriels et “ultra-transformés” !
9 août 2018 les conseils

Selon une étude française parue ce jeudi 15 février, il pourrait exister un lien entre la consommation de plats “ultra-transformés” par l’industrie agro-alimentaire et le risque de cancer. Cette enquête, menée auprès de 105 000 personnes pendant 8 ans est inédite. Attention toutefois aux conclusions alarmistes : le lien de cause à effet reste à prouver !

Plats cuisinés, snacks, sodas, yaourts fruités, jambon sous vide… tous ces produits dits “ultra-transformés” ont un jour ou l’autre atterri dans notre chariot de supermarché. Au-delà des additifs, conservateurs ou graisses qui altèrent leurs qualités nutritionnelles, ces aliments pourraient aussi accroître le risque de cancer. C’est ce qui ressort d’une étude inédite parue ce jeudi 15 février, associant des chercheurs de l’INSERM, de l’INRA, de l’Université Paris 13 et publiée dans le British Medical Journal.

Une hausse de 10% de votre consommation d’aliments transformés pourrait accroître de 12% vos risques de développer un cancer.

L’étude (appelé Nutrinet-Santé) repose sur des questionnaires remplis sur internet entre 2009 et 2017 par 105 000 sujets d’une quarantaine d’années. Premier objectif : analyser la part des aliments transformés industriellement dans leur alimentation. “Globalement ce sont des produits qui ont subi des transformations qui peuvent être par exemple des chauffages à très haute température, qui contiennent des additifs alimentaires ou qui baignent dans des sauces préparées” nous précise Mathilde Touvier, chercheuse à l’INSERM et coordinatrice de l’étude. Deuxième objectif, rechercher l’incidence de cette alimentation sur les risques de cancer, toutes localisations confondues.

L’observation montre qu’une augmentation de 10% des aliments ultra-transformés dans le régime alimentaire est associée à une augmentation de 12% en moyenne du risque global de cancer et de 11% de cancer du sein. Dans le détail, 2.228 cas de cancers ont été diagnostiqués dans la population étudiée, dont 739 du sein, et 108 mortels. “Nous avons pris aussi en compte dans cette étude, tous les facteurs liés au mode de vie qui auraient pu brouiller nos résultats”, précise Mathilde Touvier. L’alcoolisme et le tabagisme, également facteurs de cancer, ont donc été comptabilisés.

“Il s’agit d’une première étude…Le lien de cause à effet n’est pas encore établi”.

Attention en revanche aux conclusions trop hâtives ou alarmistes. “C’est une étude dite d’observation”, explique Mathilde Touvier et de préciser : “On n’a pas encore la possibilité de conclure à un lien de cause à effet”.  Il faudrait pour cela réaliser une étude dite “expérimentale”. Or, sur le plan “éthique”, il serait dangereux de mener un “essai randomisé“ sur des humains juge l’experte de l’INSERM : “administrer des aliments transformés à un premier groupe, et des aliments classiques à groupe témoin pourrait avoir des effets délétères”.

Cela n’empêche pas que cette étude – la première du genre au plan mondial – devra servir de base à des recherches plus approfondies. “Pour avancer, elle devra être complétée par d’autres études épidémiologiques”, conclut Mathilde Touvier. Dans la cohorte Nutinet-Santé, de nouvelles enquêtes viennent d’être lancées sur les additifs alimentaires pour déterminer si ces composants des plats ultra-transformés favorisent l’apparition de pathologie.

Olivier Montégut

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