L’intérêt de la socialisation chez les personnes âgées.

Quoi de mieux qu’un sourire, une rencontre, un engagement ou une sortie à l’extérieur? Conserver un tissu relationnel important et avoir une vie sociale active participe au maintien en bonne santé des personnes âgées. De fait la socialisation fait partie intégrante des stratégies de prévention du vieillissement. Pour Aristote, l’Homme est un animal social. Pour Pascal, au contraire l’Homme est seul. Les études épidémiologiques vont dans le sens d’Aristote. En effet, les avantages de la socialisation comprennent un risque réduit de mortalité, de dépression, d’incapacités physiques et de troubles cognitifs.

A l’instar des singes, l’homme est un animal social.

Avoir de nombreuses activités et un réseau social améliorent le bien-être.

Une étude canadienne ayant analysé des données à propos de 16369 personnes de plus de 65 ans révèle que le taux de perception positive de leur état de santé augmente proportionnellement au nombre d’activités auxquelles elles participent. Il en ressort une association significative entre vie active et bien-être. Les personnes âgées ayant les réseaux sociaux les plus étendus jouissent également d’un plus grand bien-être. Les auteurs pensent que la socialisation pourrait être associée à une réduction du stress et à un renforcement du système immunitaire, ce qui contribuerait à la bonne santé et au bien-être.

Avoir des activités pourrait maintenir la bonne humeur.

De même les études tendent à démontrer que le fait de demeurer actif permet aux personnes âgées d’être plus heureuses. Ceci est valable tant pour les activités physiques que celles à caractère social. Etre isolé est un des facteurs déclenchant ou aggravant la dépression. Une personne déprimée est enkystée dans un cercle de pensées négatives. Le fait de participer à divers ateliers permet d’investir de nouveaux domaines et évite ce trop plein de pensées néfastes. Les activités collectives et l’ouverture sur l’extérieur favorisent de nouvelles rencontres et améliorent l’humeur. Elles permettent la réduction des symptômes dépressifs et préviennent l’anxiété ou le stress. Néanmoins les patients déprimées n’iront pas volontairement vers l’extérieur. Il est donc essentiel de les stimuler.

Les personnes âgées en relation avec les autres ont une meilleure santé physique.

C’est ce qui émane d’une étude menée auprès de 954 sujets âgés vivant à Chicago. Les chercheurs ont évalué au début de l’étude les capacités physiques des participants pour les actes de la vie quotidienne. Ils ont mesuré à l’aide d’un questionnaire, le nombre et la fréquence de leurs activité sociales, comme aller au restaurant, assister à des évènement sportifs ou culturels, faire du bénévolat et visiter des amis. Cinq ans plus tard, les personnes qui avaient déclaré un taux élevé de socialisation souffraient deux fois moins d’incapacités physiques dans les gestes de la vie quotidienne, comparativement à celles ayant moins de relations avec les autres. Le lien entre activités sociales et baisse d’autonomie reste à élucider. Les auteurs estiment « qu’une vie active pourrait renforcer les réseaux de neurones et la fonction musculosquelettique pour maintenir les fonctions physiques et motrices des personnes âgées ».

La socialisation pourrait également améliorer les fonctions cognitives.

Les personnes impliquées dans divers centres d’intérêts ont moins de risque de développer des troubles de la mémoire. Ceci est aussi valable chez les personnes atteintes de démence type Alzheimer ou apparentées. Cela passe probablement par la stimulation cognitive car de nombreuses études soulignent son effet bénéfique dans la lutte contre les troubles de le mémoire. Cette stimulation a pour objectif de solliciter et consolider les connaissances préservées et de renforcer l’estime de soi. Beaucoup d’ateliers spécifiques (musicothérapie, ateliers mémoire ou équilibre…) sont ainsi proposés aux malades. Ces thérapies non médicamenteuses ont également prouvé leur efficacité à un stade sévère de la maladie. Elles sont notamment très utilisées dans la prise en charge des troubles du comportement.

En conclusion, à un moment de la vie où les activités physiques sont de plus en plus difficiles et où les relations sociales s’amenuisent du fait de la disparition d’un conjoint, ou d’amis proches, il est plus que nécessaire de maintenir un lien social. En effet la socialisation est probablement un des secrets du vieillissement en bonne santé.

Article écrit par le Dr Aude Sastre, médecin généraliste et gériatre.

 

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